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6 juillet 2017 - Info
EXCLU : Le Monde publie la tribune « Libérer la formation professionnelle du vieux monde »

La Tribune publiée ce jour dans Le Monde :

Il faut « libérer la formation professionnelle du vieux monde »

 

"Aujourd’hui, l’évolution rapide de nos métiers rend les compétences de plus en plus vite obsolètes, renforçant la fracture entre les « gagnants » et les « perdants » de la mondialisation. 60 % des métiers qui seront exercés en 2030 n’existent pas encore. Le président de la République a pris la mesure de l’enjeu. Muriel Pénicaud, ministre du travail, a confirmé l’engagement d’investir quinze milliards d’euros dans la montée en compétences, notamment des demandeurs d’emploi et des jeunes les moins qualifiés.

 

Mais il faudra aller plus loin. Le système français de formation professionnelle, fondé sur une gestion paritaire, n’est plus opérant car les besoins des entreprises comme des actifs sont devenus multiples et individualisés. Nous constatons tous les jours dans nos entreprises le décalage croissant entre des dispositifs de formation bien trop figés et une réalité de l’entreprise en perpétuelle transformation.

 

Le compte personnel de formation opaque


Nous avons besoin de collaborateurs qui puissent se former en continu pour accompagner les évolutions technologiques et organisationnelles. Mais les financements sont fléchés vers des formations à des métiers qui n’existeront sans doute plus dans les années à venir. La manière de se former a elle-même évolué : ce qui fonctionne dans le monde du travail d’aujourd’hui repose sur l’expérience, le numérique, l’interactivité. Or, la plupart des organismes paritaires de collecte agréés (OPCA) ne financent pas ces innovations pédagogiques.

 

Le symbole de ce système qui ne parvient pas à évoluer avec son temps est le compte personnel de formation (CPF). Initialement prévu pour être un droit universel à la main de chaque personne, il est devenu un système opaque de financements inéquitables et extrêmement complexes à mobiliser, dont seuls une poignée d’initiés peuvent tirer profit. Les premiers à être pénalisés par ce système kafkaïen sont les personnes les moins autonomes, généralement celles qui ont le plus besoin de se former.

 

Il s’écoule sept mois entre la perte d’un emploi et l’entrée en formation d’un chômeur. Sept mois où la machine bureaucratique a vainement cherché une formation adaptée à son profil. Sept mois où ses compétences se sont réduites jusqu’à devenir un demandeur d’emploi de longue durée. Seulement 36 % des Français accèdent à une formation professionnelle continue chaque année, contre 53 % en Allemagne.

 

©LeMonde.fr

Simplification, incitation, évaluation


Remettons à plat le système français de formation pour qu’il remplisse ses objectifs : employabilité, compétitivité, innovation, cohésion sociale. Nous appelons à une réforme qui s’appuie sur trois piliers : simplification, incitation, évaluation. Simplification des dispositifs et notamment du CPF pour assurer son universalité. Incitation fiscale des particuliers et des entreprises pour les encourager à investir directement dans la formation. Evaluation des politiques publiques de formation avec la création d’une agence pour la formation tout au long de la vie, composée d’experts indépendants et chargée d’évaluer le retour sur investissement des fonds de la formation professionnelle.

 

Emmanuel Macron a pris conscience que le statu quo serait pire que tout. Une réforme a minima, négociée dans les coulisses des concertations sur les ordonnances travail, serait une véritable occasion manquée. Libérons la formation professionnelle du vieux monde pour faire émerger la France de demain."

 

 

Les signataires :

Frédéric Bedin, président du directoire Hopscotch Groupe ;  

Nicolas Bouzou, économiste, directeur d’Asterès ; 

Christophe Catoir, président du groupe Adecco France ; 

Viviane Chaine-Ribeiro, présidente de Talentia Software ; 

Emery Jacquillat,président de Camif Matelsom ;  

Didier Kayat, directeur général de Daher ;  

Patrick Lévy-Waitz, président du groupe ITG ; 

Guy Mamou-Mani, coprésident du groupe Open ; 

Philippe d’Ornano, président du directoire de Sisley et coprésident du METI ; 

Isabelle Parize,présidente du groupe Douglas-Nocibé ;  

Guillaume Richard, président fondateur du groupe Oui Care ;  

Jean-Jacques Salaün, directeur général d’Inditex France ;  

Jean Wemaëre, président du groupe Demos et président de la Fédération de la formation professionnelle.


Retrouvez la tribune sur : http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/07/06/il-faut-liberer-la-formation-professionnelle-du-vieux-monde_5156747_3232.html#1KSGqRPAoKpgGsF3.99

 

Retrouvez aussi les tribunes du Monde.fr sur la réforme du code du travail

 

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